Publié dans Moi, Présidente!

Lettre à Manu : petit pot de miel et ouachacha

Salut Manu,

Comment vas-tu?

Tu sais que pendant que j’étais au Canada, tu m’as mis les nerfs ? Heureusement que j’étais loin, sinon je serais venue faire un scandale chez toi.

Le même jour, tu annonces l’obligation de se faire vacciner et l’augmentation du paquet de cigarettes à 10 €. Moi, quand on m’oblige à faire un truc, ça m’énerve et je suis contre, par principe ! Alors, ok je suis vaccinée contre plein de trucs et mon fils aussi. J’ai fait ce choix car nous partons dans des pays avec plein de maladies. Ma copine Roxane a fait d’autres choix pour d’autres raisons. L’une comme l’autre, on s’est renseigné et on a pesé le pour et le contre selon nos modes de vie. Bref, concernant notre santé, on aime bien pouvoir faire nos propres choix et pas se faire planter d’office des aiguilles dans nos bras.

La santé, ça semble être ton dada. Peut-être as-tu toujours rêvé d’être infirmier et que tu n’as jamais pu aller au bout de ta vocation ? Tu as donc décidé au début de l’été de mettre le paquet de clopes à 10 € afin de nous empêcher de nous faire un cancer des poumons. Mais bordel ! Est-ce que tu ne peux pas nous foutre la paix et nous laisser faire notre petit cancer des poumons en paix !

Pardon, Manu, je m’énerve. En fait c’est toi qui as raison. C’est mieux d’être en bonne santé et de tout faire pour que nos concitoyens le soient aussi. Tu sais quand il fait chaud, je m’emporte facilement.

Mais je me demande quand même pourquoi tu fais un fixette sur le cancer des poumons. Pourquoi est-ce que ça ne te tracasse pas le cancer du fois, la cancer de la ouachacha ou le cancer de je ne sais pas trop quoi encore.

Tu augmentes le prix des clopes. En revanche rien sur l’alcool. Ah mais oui ! C’est vrai ! L’alcool, c’est culturel. Alors picolons tous culturellement !

Concernant la ouachacha, tu sembles aussi t’en tamponner la carotte. Quoi ? Tu ne vois pas ce que c’est la ouachacha ? Mais si ! Le minou, la péninsule, la friandise, le bonbon, l’abricot, le cœur fendu, la foufoune… Tu vois ? Ok. En juin, Arte a diffusé un reportage sur les tampons et autres protections hygiéniques. Il s’avère qu’on se fourgue dans le hérisson tout un tas de produits toxiques. Autant te dire, qu’avec mes copines, on avait grave les nerfs d’apprendre ça (même si on s’en doutait déjà). On a toutes investit dans le vase à chatte. C’est un peu gore comme truc. Mais comme tu ne te bouges pas, on n’a eu pas envie de continuer à entretenir notre futur cancer de la ouachacha.

Concernant les autres cancers, tu sembles aussi peu intéressé. Je te passe le dossier de Que choisir ? sur les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques. Ça aussi, ça nous a grave foutu les nerfs à mes copines. Je t’explique pas l’état dans lequel nous étions au début de l’été. Je voulais plutôt t’alerter sur la nourriture. Que vois-je cette semaine ? Des bruits laissent entendre que tu voudrais réduire les budgets visant à soutenir la filière agricole bio.

Au printemps dernier, j’étais à Paris et je discutais problèmes sociaux au café Marly avec mes copines. Quoi ? On ne peut pas discuter problèmes sociaux au café Marly ? Tu veux que je te rappelles où tu es allé fanfaronner après ton élection ? Donc au café Marly, ma copine me dit qu’elle a voulu acheter du miel sur un marché de banlieue parisienne. Elle prend le pot de 250 g et on lui annonce le prix. Vas-y ! Devine combien ? Allez ! Joue ! Pfff, t’es pas drôle ! Donc, on lui demande 17 € ! Oui, Manu, 17 € ! Tu te rends compte ? Certes, ce commerçant était très certainement en train d’essayer de la prendre pour un lapin de 3 semaines. Mais lorsque je me promène en province le prix du pot de miel est aussi exorbitant. Pourquoi ? Parce que les petites abeilles se sont faites flingués par ces saletés de pesticides. Alors c’est sûr, tu vas me dire qu’on peut se passer de miel. Ok.

En revanche, on ne peut pas se passer de manger. Tu es d’accord ? Or il se trouve qu’il est beaucoup plus coûteux d’acheter des légumes bio que des plats tout préparés issues de l’agriculture polluante. Ainsi, se faire un cancer de je ne sais pas quoi, c’est bon marché ! Et en plus, on permet aux agriculteurs producteurs des matières premières de ces plats industriels de se faire eux aussi leur petit cancer ! Bingo ! Deux en un ! A deux, on se sentira moins seul en chimio !

Alors Manu, tu vas faire quoi ? Tu augmentes le paquet de clopes et fait semblant de ne pas voir les autres problèmes de santé publique ? Ou alors tu fais les gros yeux à ceux qui nous prennent pour des pigeons depuis des années ?

Tu te souviens qu’on se voit en septembre ? On se fait un végétarien pour en parler au calme ?

Bises

Anne-Lise

 

illustration : Designed by Freepik

3 commentaires sur « Lettre à Manu : petit pot de miel et ouachacha »

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