Publié dans En coulisses

Effacer la distance?

La correspondance que j’ai depuis un peu plus d’un an n’est pas à propre parler une correspondance. J’envoie des petites cartes pour une occasion ou juste comme ça. C’est ponctuel. Au début de la décennie précédente et même au siècle dernier, j’avais quelques vrais correspondants avec qui j’échangeais régulièrement.

On pensait s’écrire pour garder un lien malgré les distances. Il n’y avait pas encore les forfaits de téléphone avec appel et sms illimités. Alors pour garder les liens, on s’écrivait. Nos vies s’égrenaient au fil des mots. Et puis tout finissait par s’étouffer, peu à peu ces échanges de lettres ont tous pris fin. Ils n’ont été remplacé par rien. Et j’ai perdu de vue mes correspondants.

J’ai recommencé à écrire des petites cartes lorsqu’une nuit je me suis demandée si un jour je n’allais pas complètement oublier comment on tenait un stylo.

J’ai recommencé à écrire des petites cartes pour dire à des gens l’importance qu’il avait eu dans la réussite d’un projet. C’était un moyen de créer une intimité que le quotidien ne permet pas toujours. Un nouveau lien.

Lorsque j’écris, j’ai souvent en tête une phrase d’une écrivaine « écrire c’est se retrouver seule face à soi-même  et ce soi-même est souvent peu intéressant ». Effectivement, c’est ce que j’ai vécu lorsque je rédigeais ma thèse. Et c’est encore ce qu’il m’arrive de ressentir lorsque je suis dans mon projet d’écriture narrative.

En préparant une conférence, je suis tombée sur une chercheure qui expliquais qu’apprendre à écrire, c’est apprendre à être soi et à se séparer de l’Autre. Et si dans l’écriture épistolaire, l’Autre n’était qu’un prétexte pour mieux se connaître à travers l’écriture ?

Et vous, pourquoi vous écrivez des lettres ?

 

 

 

 

Un commentaire sur « Effacer la distance? »

  1. C’est tout à fait ça. Se chercher à travers l’écriture et trouver des choses sur soi. L’écriture épistolaire via messenger qui a fb comme support est forcément avortée, à cause de l’instantanéité des réactions. Je te supprime, tu me supprimes, on se supprime…bref, on s’avorte ensemble, sans forcément avoir compris les raisons de l’autre. Les limites de l’échange instantané qui permet la fugue à tout instant.Dommage.

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